aurait eu 72 ans aujourd'hui et je sais qu'il aurait adoré me voir collectionner les liberty comme lui collectionnait les hippopotames...
il porterait encore ses très jolies cravates dans mon tissu chéri et je suis sûre qu''il commenterait mes billets et aimerait continuer à me téléphoner quinze fois par jour comme il le faisait autrefois !

papa

papaliberty

papetmoi

 


ma petite soeur Bibi a écrit et lu ce discours ce triste jour de décembre 2000, il est tellement juste, je ne peux pas le le relire sans pleurer mais.... 

 

Mon papounet, ces dernières années, tu as lutté de toute ton âme.
Encaissant les coups de la maladie comme un boxeur.
Ce que nous refusions de voir, tu le voyais.
Titubant, marqué de grands coups, à chaque fois, tu te relevais.
Tu te relevais et tu continuais à marcher.
Tu as marché pour marier tes enfants, pour connaître tes petits-enfants, pour mettre tes papiers en ordre.
Tu as marché pour t'assurer que Maman ne manquerait de rien.
Tu as marché pour nous et pour les autres.
Nous t'avons parlé à l'hôpital, je sais que tu nous as entendu.
Je sais qu'alors toute ta vie s'est réfugiée autour de ton coeur qui est devenu le centre de toi-même.
Aujourd'hui petit papa, je veux que tu saches que tu peux goûter ce repos que tu as tant mérité.
Que tu peux fermer tes beaux yeux bleus et oublier les perfusions, l'angoisse et les insomnies. nous avons compris ta leçon de courage.
Nous sommes fiers de toi.
Tes petits-enfants sauront tout de toi, de ta persévérance, de ton courage, de ta ténacité, de ton humanité, de notre papa hippopotame, de notre daddy-man pas si vieux qui défia la mort pendant sept ans avec sa rigolothérapie.
On leur racontera tout du Drugstore que tu transformais en fête pour nous, et des baignades où l'on faisait l'avion sur ton ventre.
Je leur dirais à mes petits-enfants, à ceux de Karen, d'Ingrid et de Nils que le coeur des hommes est accordé comme un piano, que les yeux sont comme un diapason et que tous ceux qui t'ont croisé ont sur que le tien sonnait juste et bon.
Ton coeur est si gros mon papa, qu'il ne tiendra jamais dans un cercueil.
Encore une chose, s'il te plaît, continue à te mêler de nos affaires.
A nous embêter.
A nous téléphoner pour un oui, pour un non.
A rire de tout.
A t'émouvoir d'un rien.
Notre envahisseur, notre gentil tyran, notre bon casse-pied, s'il te plaît, reste près de nous.
Tu nous manques tant.